HISTORIQUE





Céramiques, Porcelaine, Verre églomisé, Porcelaine "Kakiemon" Japonaise, Polychromie, Les Estampilles, Frères Martin, Faïences, Menuisiers et Ébenistes, Savonnerie, "c" couronné, Laques
 
 
 

 

CÉRAMIQUES

• Céramiques à pâte poreuse : poterie mate, poterie vernissée, faïence.
 

Le mot faïence vient de Faenza, centre de production de céramique de l’Italie du XVIe. La majolique désigne uniquement la faïence italienne.

La faïence dite “stannifère”. Aprè s une cuisson de dégourdi (900°C), la pièce en argile est recouverte d’une glaçure à base d’oxyde d’étain (émail) à laquelle elle doit sa couleur blanche. Le décor peint est ensuite appliqué sur l’émail séhé avant la seconde cuisson dite “de grand feu”. “Le petit feu” vint plus tard, au XVIIIe siècle en Europe. Il permettait lors d’une cuisson à plus basse température (750°C) d’employer des couleurs moins résistantes à la chaleur.
Exemple : le fameux rouge ou pourpre de Cassius.
La faïence fine d’origine anglaise est en argile blanche. La glaçure est plombifère, donc translucide, et beaucoup moins coûteuse.

• Céramiques à pâte impérméable : les grès, la porcelaine.
“La pâte tendre”, née à la fin du XVIIe, tenta de concurrencer la porcelaine dure importée d’Extrême-Orient, dont on ignorait les secrets de fabrication. C’est à Meissen, en Saxe que Nicolas Bottger, en découvrant un gisement de kaolin, mit au point en 1709 la technique de la porcelaine dure. Elle n’apparut en France qu ’en 1767. On appelle biscuit l’objet en porcelaine ayant subi la première cuisson dite dégourdi. Le décor est peint ensuite sous ou sur la couverte (glaçure dérivée du feldspath) selon la technique du grand feu ou petit feu. Translucide car vitrifiée dans la masse à 1400° C, elle seule résiste à une pointe d’acier.

• Céramique à pâte siliceuse
Spécifiques aux productions du Moyen-Orient. Les plus connues sont celles d’Iznik en Anatolie.
 
 
 
 

LA PORCELAINE : UN LUXE FRAGILE VENUE DE CHINE

La belle porcelaine de Chine fut une des premières importations orientales de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales. Dès le début du XVII° siècle, cet article d'exportation chinois représentait un objet de collection recherché et un bien durable précieux.

Initialement les portugais la rapportaient de la Chine, pour la vendre ensuite dans de nombreuses villes, parmi lesquelles Anvers. Les Néerlandais, eux aussi, se fournissaient à Lisbonne. Cependant lorsque Philippe II d'Espagne, en guerre avec les Pays-Bas, devint également Roi du Portugal en 1580, et qu'il bloqua le commerce entre le Portugal et les Pays-Bas, les armateurs néerlandais décidèrent d'appareiller les navires vers l'Orient.

En attaquant et en capturant des navires portugais (appelés "caracas" ou "caraques"), les Néerlandais s'appropriaient des produits devenus introuvables dans le commerce; c'est probablement à ces navires que la porcelaine ainsi réquisitionnée doit son nom de "porcelaine caraque".

La porcelaine caraque ou la porcelaine importée fut achetée directement soit aux armateurs des Indes Orientales, soit dans les ventes publiques, les foires ou les magasins de porcelaine par un groupe, sans cesse croissant, de riches et puissants bourgeois qui pouvaient se permettre ce luxe et le convoitaient. Selon les calculs du comptable anglais Gregory King,les Néerlandais, à la fin du XVIII° siècle, jouissaient du revenu moyen le plus élevé de l'Europe du Nord.

A cette époque, les souverains, les riches armateurs et les régents rassemblèrent de précieuses collections d'objets d'art rares et exceptionnels. A l'intérieur de ces collections ils distinguaient "le naturel", c'est à dire produit par la nature comme les coquillages ou le corail, et "l'artificiel", produit par la main-d'oeuvre.

Ces objets étaient exposés dans des salles appelées "cabinets d'art". A la fin du XVI°siècle, la porcelaine chinoise tenait déjà sa place attitrée dans les cabinets d'art des souverains. Par la suite, ils aménagèrent des cabinets de porcelaine. Bien qu'il n'en exista plus en Hollande nous pouvons tout de même nous en faire une idée assez précise grâce au cabinet de
porcelaine en miniature de la maison de poupées de Sara Rothé qui se trouve au "Gemeentemuseum", Musée municipal de La Haye; et surtout grâce aux exemples conservés en Allemagne, tel celui de la Résidence de Würzburg.
La porcelaine fabriquée en Chine sur commandes de l'Europe s'appelle "Chine de commande". En s'adaptant au style de l'époque, cette porcelaine d'exportation vit sa qualité esthétique et son caractère typiquement chinois supplantés par des formes et des décorations adoptées aux désirs des clients.
On notera que la demande de porcelaine importée dépassant très rapidement l'offre, les potiers néerlandais allèrent jusqu'à imiter la porcelaine chinoise. Le centre de ces activités était la ville de Delft, avantageusement située sur la Schie, rivière qui permettait l'accès navigable vers le reste du pays  et vers l'étranger.
La fabrication de la céramique de Delft a connu son plein épanouissement entre 1660 environ et 1725, époque où la ville était le centre de faïencerie le plus important de l'Europe du Nord.
Au milieu du XVII° siècle, le nombre d'ateliers de faïence passa de 8 à 288. La céramique néerlandaise se raffina tant que les faïenciers s'appelèrent "porcelainiers", afin de bien établir une différence avec les porteries plus grossières qu'ils fabriquaient également.
De nos jours la faïence de Delft est encore bien souvent appelée "porcelaine de Delft" mais, en réalité, aucune véritable porcelaine ne fut jamais facturée, pour la simple raison que les faïenciers ne possédaient pas le kaolin nécessaire à sa fabrication. Ils l'imitaient en recouvrant une céramique ordinaire d'un émail d'étain blanc qui, sous l'action de la chaleur du
four, adhérait sans fondre à la poterie. Dès le milieu du XVII° siècle, en plus de la porcelaine bleue, on importa de Chine et du Japon des porcelaines multicolores qui mirent les faïenciers de Delft devant de véritables défis techniques avant qu'ils ne sachent les imiter.
La production et le commerce des faïences de Delft connurent une envergure exceptionnelle. Son énorme influence se mesure au nombre de faïenceries qui furent crées dans les Provinces du Sud, en Allemagne, en France et qui, à leur tour, imitèrent la faïence de Delft. Vers le milieu du XVIII° siècle, la réputation de Delft commença à pâlir, évincée par la concurrence de la porcelaine européenne qui avait alors conquis le marché international.
 
 
 

PETITE HISTOIRE DE LA PORCELAINE

En cette fin du XIII° siècle, les récits de Marco Polo, le grand voyageur vénitien, étonnent l'Europe entière. À ses contemporains qui ne connaissent que la poterie vernissée, il décrit une terre cuite utilisée en Chine à la cour du Grand Khan : sa sonorité est agréable, sa pâte blanche, fine et translucide au point qu'on voit au travers le reflet du thé.

Fascinés par sa translucidité on la nomme porcelaine comme le coquillage du même nom. Elle est réalisée en Chine grâce à l'argile pure et blanche du Mont Kao-lin. Malgré toutes les énergies et les capitaux engagés, sa fabrication reste mystérieuse aux Français qui se contentent d'en importer à grands frais par la Route de la Soie puis, au début du XVII° siècle, par les bâteaux de la Compagnie des Indes.

La faïence sert de substitut jusqu'au XVIII° siècle. En , 1709 en Allemagne, grâce au kaolin découvert à Aue, on produit pour la première fois en Europe de la porcelaine en quantités importantes. Réalisée à Meissen en Saxe, elle est importée dans toutes l'Europe. Au même moment en France, on réussit à obtenir une matière translucide: c'est la porcelaine tendre, ou
porcelaine de France, réalisée sans kaolin. Sa pâte est complexe et coûteuse à fabriquer à cause des rebuts nombreux à la cuisson.

Les personnalités du royaume s'intéressent à sa production et s'en font les protecteurs : à Saint-Cloud le Duc d'Orléans Régent de France, à Chantilly le Prince de Condé, mais aussi à Sceaux, à Mennecy. Le roi lui-même protège la fabrique de Vincennes qui, après son déménagement à Sèvres, en 1756, devient la Manufacture royale de Sèvres. Dès 1768, grâce à la découverte du kaolin, on y fabrique de la porcelaine dure. La Manufacture exécute pour le Roi les nombreuses pièces de servicces utilisés à la Cour ainsi que les cadeaux offerts aux personnalités françaises ou étrangères.
 
 

LA TECHNIQUE DU VERRE EGLOMISE

La technique du verre églomisé remonte à l'Antiquité. Elle consiste à fixer une mince feuille d'or ou d'argent sous le verre; le dessin est exécuté à la pointe sèche et maintenu par une deuxième couche ou une plaque de verre.
Ce procédé était utilisé en bohême sous le nom de "Zwischengoldglasser".
En France, c'est le marchand Jean-Baptiste GLOMY (vers 1711-1786) qui remis ce procédé à la mode. Il utilisa notamment cette technique pour encadrer ses gravures en les entourant d'un filet d'or, donnant par la suite son nom au procédé.
 

PORCELAINE "KAKIEMON" JAPONAISE

Le nom "Kakiemon" vient du surnon donné aux membres de la famille Sakaida, dont les fours sont installés près d'Arita (île de Kyushu) dès 1617, et dopnt la descendance (12°génération) travaille encore de nos jours. Le premier Kakiemon (1596-1666) aurait appris le secret de l'émail en 1644. Dès lors, et jusqu'en 1720, l'exportation vers l'Europe est très intense, par l'intermédiaire des hollandais établis dans l'île de Deshima (baie de Nagasaki) depuis 1641.

Les "Kakiemon " sont connus en Occident aux XVII° et XVIII° siècle sous le nom de "1ère qualité coloriée du Japon"; leur décor est nommé à tort "décor coréen". Ils sont copiés au XVIII° siècle à Chantilly, Mennecy, Saint-Cloud, Meissen (Saxe) et en Angleterre.

Les porcelaines "Kakiemon" se distingue par leurs émaux caractérisitiques:
- bleu azur
- rouge orangé doux
- jaune primevère
- vert herbe
combinés parfois avec du bleu sous couverte et de l'or. Les émaux sont appliqués avec beaucoup de légèreté, le plus souvent sans contours et laissent une large place aux fonds blancs.
 
 
 

LA POLYCHROMIE DANS LE MOBILIER DU XVIII° SIÈCLE

La polychromie fut l'une des inventions décoratives du style Louis XV.
Afin d'introduire la couleur dans les meubles, les polychromistes disposaient de plusieurs formules. Ils commençaient par étendre une ou deux couches de blanc; et après avoir poli ce blanc, ils donnaient les couches de couleur employées à chaud. Pour obtenir un résultat parfait, ils débutaient par deux couches de colle un peu forte, broyée à froid et d'une égale épaisseur partout, puis lorsque le tout était bien sec, ils passaient un vernis incolore. C'est alors qu'ils appliquaient les couches de couleur.
Un autre procédé, moins simple, il est vrai, produisait d'excellents résultats : on l'appelait le CHIPOLIN. Il consistait à donner sept ou huit couches de blanc d'apprêt, à dégager et à lisser les moulures ou ornements, et à passer ensuite deux couches de la couleur désirée. On terminait par une couche ou deux de colle pure légère à froid et par deux couches de vernis à
l'esprit de vin. 
On est souvent embarassé, de nos jours, pour reconstituer les tons employés au XVIII° siècle :
-le vert était obtenu avec du blanc de céruse et du vert de montagne broyés et détrempés à la colle.
- le vert ordinaire, avec une livre de blanc de céruse, 60 grammes  de stil-de-grain de Troyes et 15 grammes de bleu de Prusse.
- la jonquille, avec de la céruse et du stil-de-grain de Troyes.
- le citron, avec de l'orpin rouge et de l'orpin jaune.
- le gris perle, avec du blanc de céruse, du noir de vigne et une pointe de bleu de perle.
- le lilas, avec une partie de cendre bleue, mélangée avec deux parties de laque rose et une partie de blanc pur.
- le violet, avec de la laque, de la céruse et une peu de carmin. (La céruse, carbonate basique de plomb, est un poison. Son usage est interdit depuis 1915).
 

LES ESTAMPILLES
 

Des 1637 l’estampille fait déjà partie des statuts de la corporation des menuisiers-ébénistes. Mais pour différentes raisons elle n’était souvent pas apposée sur les meubles.

Qui-Quand-Pourquoi ?

Qui : les Maître ébénistes : Ce sont des personnes ayant une maîtrise. La maîtrise est obtenue après avoir été apprenti (pendant 6 ans), puis compagnon (3 ans), puis avoir présenté un chef d’oeuvre à le Jurande de la corporation, ils recevaient leur enfin leur maîtrise, ce qui leur donnaient le droit de créer et de vendre. Cette corporation des menuisiers ébénistes avait ”normalement” le monopole de production, ce qui ne pouvait être vérifié qu’au niveau de la revente en contrôlant que les meubles sur le marché étaient bien des ouvrages de maîtres ébénistes ils étaient tenu d’estampillé leur productions.Pour se différencier des ouvriers libres : personne sous la protection du roi que l’on nomme “privilégié du roi” (Topino, Lebrun) ou celle d’un enclos religieux qui sont les enclos privilégié (le faubourg Saint Antoine). C’était très souvent des immigrés qui n’avait ni le temps, ni l’argent pour devenir maître, mais qui étaient très talentueux. Quand : En 1637, l’estampille faisait déjà partie du statut de la corporation des menuisiers-ébénistes. En 1741, tout ce qui ne portaient pas la griffe d’un maître ébéniste pouvait être considéré comme de la contrebande. C’était devenu obligatoire, mais malgré cela ce n’était pas toujours respecté.La corporation prescrit des sanctions et fit forger un poinçon de contrôle, que l’on appelle la “marque de maîtrise”, représenté par les lettres JME (Jurande des Maîtres Ébénistes). C’est un contrôle de garantie, cette estampille est toujours apposé à côté de la signature. Mais elle n’est pas présente sur tous les objets, il ne pouvaient pas tout contrôler. Ils passaient quatre fois par an chez un ébéniste pour vérifier si les meubles étaient bien conformes (ni défectuosité, ni malfaçons) et c’est à cette occasion qu’ils apposaient le poinçon de la jurande à côté de la signatures du Maître en prélevant un droit modique. (ex : on a jamais vu de marque de jurande sur le meuble signé par Georges Jacob ou par ses fils).
Pourquoi : L’estampille devient plus courante parce que les ouvriers libres présente une très grande concurrence face au Maîtres ébénistes. C’est sous Louis XV que l’on conseille au ébénistes d’apposer leur signature sur leur meubles comme gage de bonne qualité.

Malgré tout cela, beaucoup d’objets ne sont pas estampillé : - les meubles fait sur commandes que le Maître ébéniste livrait directement à son client (pas besoin de signaler l’origine). - les meubles avant d’être vendu au public étaient entreposés chez un marchand mercier qui désireux de conserver les avantages de l’intermédiaire, effaçaient les estampilles pour dissimuler le nom du fabriquant. - quand un maître ébéniste fabriquaient un ensemble (un salon), il ne signait qu’un ou deux éléments. (Par la suite à cause de revente et de partage, les pièce devenaient difficilement identifiables après dispersion.) - les meubles des ouvriers libre.
 
 

LES FRERES MARTIN

Au XVIII° siècle, les frères Martin étaient considérés à juste titre comme les plus grands vernisseurs. Les deux premiers, Guillaume et Etienne-Simon, s'étaient associés le 10 novembre 1727, dirigeant respectivement leurs ateliers du faubourg Saint-Antoine et du faubourg Saint-Martin.
Guillaume Martin avait été reçu "Maître peintre, sculpteur, enlumineur" à Paris le 22 août 1713 et nommé Vernisseur du Roi, par brevet signé du Duc d'Antin, le 25 juin 1725.
Etienne-Simon avait été reçu Maître le 20 avril 1728.
L'inventaire de l'atelier des Martin en 1730 mentionne que les peintres-vernisseurs Dubuisson et Rémy ainsi que Lamy, beau-père de Guillaume Martin et de son frère Robert, travaillaient à façon chez eux.
De même Antoine Igou, vernisseur réputé, sous-traitant certains ouvrages vendus par les MARTIN.
Plus tard Robert et son dernier frère Julien se joignirent à la société formée par leurs ainés, et les Martin ajouteront à leurs ateliers initiaux un troisième situé rue Saint-Magloire. En 1748, l'entreprise des frères Martin est érigée en Manufacture Royale par la Couronne. En dépit de l'évolution du goût la maison de la rue Saint-Magloire subsista jusqu'à la veille de
la Révolution. Le livre-journal de Lazare Duvaux et l'inventaire de 1730 donnent une vue très complète de leur
production: on y trouve un mobilier très varié, peint de couleurs aventurine, jonquille, verte, rouge, noir façon de la Chine.

Bibliographie :         - Henry Martin (sous la direction de). Le style Louis XV, Paris, 1944.
                             - Jean d'Arnault. Un meuble d'exception.
Secrétaire de B.V.R.B. en laque bleu verni par les frères Martin.
L'Estampille, octobre 1986, n°196, p. 46 et 47.
 
 
 

LES FAIENCES DE LUNÉVILLE ET SAINT-CLÉMENT

La Lorraine a tenu depuis le XVIII° siècle, et tient encore, une grande place dans l'Industrie de la Céramique.

Les anciennes faïences de Lunéville-Saint-Clément, connues dans le mondes entier sont très recherchées par les collectionneurs. 

Au début du XVIII° siècle, de nombreuses manufactures se créent dans l'Est de la France, car la vaisselle d'or et d'argent est frappée d'un lourd impôt: plats et assiettes en précieux métal servent à payer les lourdes dépenses des guerres de Louis XIV.

Même le Roi Louis XV utilise sa vaisselle d'or pour frapper monnaies...
Alors la vaisselle de faïence remplace et imite les formes ...(1)

Bien avant 1718, les faïences de Lunéville sont fameuses; preuve en est qu'à cette date, les marchands de Rouen, premiers dans l'art de la faïence, ont voulu en interdire la vente.

(1) l'on parlait alors de "se mettre en faïence" : l'on fondait ou vendait sa vaisselle d'or ou d'argent pour acheter de la faïence.
 
 

FAIENCERIE DE LUNÉVILLE

Son existence peut se situer vers 1718, mais sa notoriété date de 1723-1724.

En 1731 Jacques Chambrette, obtint ses lettres de franchise (ou permis de fabriquer). 

En 1749, le titre de "Manufacture Royale", consécration suprême....
 

FAIENCERIE DE SAINT-CLÉMENT

En 1757, Chambrette découvre des bancs d'argile à Saint-Clément, le 3 janvier 1758 des lettres de patentes l'autorisent à créer une nouvelle manufacture avec les mêmes privilèges que Lunéville. Saint-Clément était le territoire de l'Évêché de Metz, annexé au Royaume de France.
La taxation de la production sortie de Saint-Clément était moins lourde que celle sortie des fours de Lunéville. Procédé ingénieux: la production de Lunéville est écoulée par Saint-Clément, la fraude fiscale expliquerait que les productions ne portent aucun signe d'origine pendant cette première période....

Garnitures de cheminées, buses et lions couchés, jardinières ou corbeilles à fruits vases de toutes dimensions, flambeaux, services de table, mais aussi une extraordinaire collection de 120 sujets différents, œuvres de Cyffle sculpteur venu de Bruges...

Ici est née l'expression "se regarder comme des chiens de faïence" : La manufacture fabriquait des statuettes devenues célèbres mais aussi des chiens grandeur nature à mine rébarbative qui étaient disposées à l'entrée des immeubles d'où l'expression.

D'abord très influencé par Strasbourg (les Hannong), Lunéville et Saint-Clément personnalisent leur production.

Les décors "au chinois" datent de cette époque... On recevait l'Ambassade du Siam à Versailles, les grandes missions jésuites s'installaient en Chine, ces événements avaient vivement impressionné les contemporains, fous de "chinoiseries" ....

Les Manufactures déclarées "Royales" jouissent d'un monopole dans la région et l'installation de la Cour de Stanislas à Lunéville permet un rapide développement des ventes.

Mais la disparition de Stanislas, la diffusion de la porcelaine, l'invasion des faïences anglaises à partir de 1786, acculent les manufactures à la faillite... Elles seront cependant reprises et orientées vers une production industrielle, nées au XVIII° siècle, elles ont maintenu leur activité sans interruption jusqu'à nos jours... (Hommes, Monuments, Evènements de Lunéville)
 
 
 

MENUISIERS ET ÉBÉNISTES

Au milieu du XVIIe siècle, la vieille corporation des menuisiers accueille en son sein une nouvelle catégorie d’artisans, les ébénistes. Désormais, et jusqu’à la suppression des corporations en 1791, une distinction très nette s’opère entre ces deux métiers, qu’il s’agit de ne pas confondre, bien qu’ils soient soumis aux mêmes règlement.
Les menuisiers travaillent le bois massif. Ils le débitent, le profilent et l’assemblent pour constituer un bâti qui restera apparent. Éventuellement, ils exécutent le décor sculpté, bien qu’en principe celui-ci , surtout s’il est important, doive être confié à un sculpteur. Les consoles d’applique, les cadres de miroir et, d’une façon générales, tous les meubles en bois
massif sculpté ou mouluré sortent des ateliers de menuisiers.
Les ébénistes pratiquent le placage. Ils dissimulent entièrement le bâti des meubles en appliquant, sur toute leur surface, de minces feuilles de bois ou toute autre matière. Les premiers meubles exécutés selon cette technique étaient plaqués d’ébène, d’où le nom donné à ces artisans. Les commodes, encoignures, secrétaires, bureaux et autres meubles recouverts
d’écaille, de bois de placage, de marqueterie, de laque, de vernis, de porcelaine sont des meubles d’ébénisterie. 
 

Bibliographie :         Le Meuble Français et Européen du Moyen Age à nos jours. Pierre Kjellberg 
 
 
 

MANUFACTURE DE LA SAVONNERIE

Bibliographie : Pierre Verlet; The James A. de Rothschild collection at Waddesdon Manor. the Savonnerie, Office du Livre, 1982.

En créant au Palais du Louvre une "Manufacture" de tapis, Henri IV souhaitait doter son royaume d'artisans capables de rivaliser avec les ouvrages étrangers qui faisaient l'objet d'importations massives. Pierre Dupont, "tapissier ordinaire en tapis de Turquie et façons de Levant" fut chargé de la direction de cette manufacture. A la même époque (1607) le flamand François de La Planche créait à Chaillot une "manufacture de savons, négoce et traficq d'iceulx es villes de Paris, Rouen, Nantes et autres".
En faillite dès 1609, les bâtiments furent réutilisés par Marie de Médicis dans un but hospitalier. Le 5 septembre 1626, Pierre Dupont, "Tapissier ordinaire du Roy demeurant à Paris ès Galleries du Louvre" et Simon Lourdet", Tapissier, demeurant à la Savonnerie près Chaillot" s'associèrent afin de produire" toutes sortes de tapis, autres emmeublements et ouvrages du
Levant, tout en or, argent, soye, fleuret, que laine" en utilisant quelques jeunes orphelins issus de l'hôpital de Chaillot dont ils devaient assurer l'éducation.
En 1671 la famille Dupont quitta les galeries du Louvre et s'installa à la Savonnerie. Dès 1673, la manufacture devient royale par la volonté de Louis XIV. A partir de cette date et pendant vingt ans les Dupont et les Lourdet travaillèrent ensembles, réunis à la Savonnerie de Chaillot et créèrent la célèbre série des tapis destinés au décor de la "Grande Galerie du
Louvre".
Après une période de crise dans les dernières années du XVII° siècle, la manufacture connut à partir de 1708 (nomination du Marquis d'Antin comme directeur des bâtiments et manufactures du Roi) et 1713 (Paix d'Utrecht) un nouvel essor. Tout au long du XVIII° siècle elle oeuvra pour les maisons royales, sous la direction de la famille Duvivier qui, à la suite de mariage
remplaça les Dupont.
La Révolution stoppa sa production mais sans faire disparaître la manufacture qui devint impériale avec Napoléon 1er. Enfin sous la Restauration elle fut rattachée aux Gobelins et malgré les protestations des ouvriers et de son dernier directeur Ange Duvivier, le transfert dans l'enclos des Gobelins eut lieu en 1826. La Savonnerie perdait ainsi son autonomie et
devenait une annexe des Gobelins.
La qualité des dessins fournit par les cartonniers a sans conteste contribuée au succès des Savonneries au XVIII° siècle. Ainsi dès 1670, Charles le Brun (Paris,1615 - Paris,1690) exécutait les dessins préparatoires aux Savonneries de la grande Galerie du Louvre.
Pierre-Josse Perrot, qui suivit les leçons des ornemanistes Berain, Audran et indirectement Watteau, fut le créateur du style Louis XV dans le décor des tapis. 
Le peintre Michel-Bruno Bellangé joua le même rôle sous Louis XVI, et dans les dernières années du siècle il fut sans douté influencé par Soufflot, successeur de Perrot, il eut le monopole des dessins de la Savonnerie et créa un style très personnel lié à sa formation de peintre de fleurs. En 1778 il travailla pour le boudoir turc de Marie-Antoinette à Fontainebleau, fournissant plusieurs dessins pour le tapis. Pour les appartements de Marie-Antoinette à Versailles il fournit d'autres cartons: pour la chambre de la Reine en 1779-1780, pour le cabinet de la Méridienne en 1781. Il meurt à Rouen en 1793, privant la manufacture d'un talent brillant, original et productif qui avait créé un style précieux, élégant et fantastique correspondant au goût de Marie-Antoinette et qui fut imité très vite par d'autres manufactures, en particulier Beauvais.
 

Trois techniques à ne pas confondre :

Incrustations : Le décor (bois, ivoire, étain, ect.) est enfoncé dans des sillons préalablement creusés dans un panneau de bois massif. 

Placage : Une feuille unie et mince de bois plus ou moins précieux (ou de toute autre matière) est collée sur un bati de bois qu’elle dissimule totalement.

Marqueterie : Même principe que pour le placage, mais non plus d’une feuille unique, mais d’un céritable puzzle de morceaux de bois ou de matière de différents tons, découpés pour composer un décor. En ce qui concerne les motifs de cuivre et d’écaille des meubles Boulle, il s’agit bien de marqueterie et non d’incrustations comme on le désigne parfois à tort.

Bibliographie :         Le Meuble Français et Européen du moyen âge a nos jours. Pierre Kjellberg, p.88 
 
 

LE “C COURONNÉ”

 Les bronzes de beaucoup de meubles Louis XV portent un poinçon constitué de la lettre C surmontée d’une couronne qui a longtemps intrigué les spécialistes. On sait désormais que ce poinçon sanctionne un impôt payé entre 1745 et 1749 sur les bronzes et les cuivres. L’édit de 1745 exigeait que “les ouvrages vieux et neufs (...) qui sont et seront fabriqués, soient visités et marqués”. Le même texte énumère tous les ouvrages “de cuivre pur, de fonte, moulé, battu, plané, gravé, doré, argenté et mis en couleur, sans aucune exception” qui devaient recevoir la marque. Aussi, bien que l’édit royal ne semble pas avoir été scrupuleusement observé, il arrive qu’on trouve le C couronné sur des ustensiles d’usage courant.

Bibliographie : Le meuble Français et européen du Moyen âge à nos jours. de Pierre Kjellberg. les édition de l'amateur.
 
 

LES LAQUES

 L’Extrême-Orient de tout temps exercé sur l’Europe un mystérieux pouvoir. Les rapports commerciaux établis dès le XVIe siècle par la Compagnies des Indes déchaînent la curiosité. La vogue des objets de ”la Chine” se poursuivra jusqu’à la fin XVIIIe siècle. Parmi les trésors qui s’accumulent dans les ports européens figurent des boîtes, des coffres, des paravents, des cabinets revêtus d’une matière noire, étrangement résistante, décorée de couleurs vives : la laque.

 La laque (au féminin pour désigner la matière brute, au masculin lorsqu’il s’agit du produit fini) est une résine naturelle de couleur blonde que l’on extrait de l’arbre à laque, originaire de Chine, du Japon, du Tonkin et du Cambodge. Le laque constitue un travail délicat et minutieux qui peut duré des mois - voire, dit-on, des années. Il comporte jusqu’à trente opération consécutives, entrecoupées de longues périodes de séchages. Le bois très sec et impeccablement poli, est appliquée une épaisse couche d’apprêt. Viennent ensuite les couches de laques ( entre 3 et 18), de plus en plus fluides, de plus en plus transparentes, chaque fois poncées avec soin. Les dernières couches, les plus pures, sont teintées en noir pour servir de fond au décor. Les fond rouges sont rarissimes, ceux d’autres couleurs encore plus exceptionnels. Les décors sont posés au pinceau. Les Chinois affectionnent une polychromie assez soutenue, tandis que Les Japonais préfèrent l’or et l’argent.

 La laque de Chine en relief : les décors en relief, également communs aux deux pays, sont obtenu par application d’une pâte épaisse constituée de laque mélangée à d’autres matières. Cette pâte est modelée et sculptée au burin puis peinte comme précédemment.

 Laque classique : polychrome sur fond noir. (explication ci-dessus). Aujourd’hui souvent craquelée dues à la rigidité de la laque.

 Laque de Coromendel : centre de la Chine. Décor gravé dans une laque noire rougeâtre.

 Les européens se sont mis à faire des vernis, au départ à cause des raccords à effectuer une fois les panneaux de laque plaqués sur les meubles, ainsi que sur l’ornementation des parties accessoires comme les montants, les pieds, les cotés... Ils imitaient le goût de l’Extrême Orient. L’ultime évolution correspond à l’abandon de toute référence à ce goût au profit de pastorales et de scènes galante.

 Vernis européen : moins compacts que les laques, les vernis ne produisent que de fines craquelures superficielles.

Bibliographie : Le meuble Français et européen du Moyen âge à nos jours. de Pierre Kjellberg. les édition de l'amateur.