Mobilier de Jacob
Important mobilier en bois doré composé de deux paires de fauteuils, quatre chaises et quatre canapés.
Epoque : Louis XVI, circa 1787
Estampille : G.JACOB, Georges Jacob, reçu Maître le 4 septembre 1765
Etiquettes :
• Salon de Monseigneur sous la ceinture des canapés,
• Grand Salon, fauteuil courrant à carreau sous la ceinture de deux fauteuils,
• Salon de monseigneur, fauteuil meublant et Fauteuil meublant du Salon de Monseigneur sous la ceinture de deux fauteuils,
• Chambre à coucher de Monseigneur sous la ceinture des quatre chaises.
Provenance :
Duc de Choiseul Stainville
Marquis de Lamballe (XIX° siècle)
Bibliographie :
• Pierre Verlet, Le Mobilier Royal Français, Tome II, N° 36
French Royal Furniture, N° 38, p. 181-182
• Hector Lefuel, Georges Jacob, Ebéniste du XVIII° siècle, p. 161
• Revue du Louvre, 1974, No. 3
Dimensions :
Fauteuils :
Haut. 95 cm. 3 ft 3 ½ in.
Larg. 62 cm. 2 ft ½ in.
Prof. 58 cm. 1 ft 11 in.
Chaises :
Haut. 92 cm. 3 ft 2 in.
Larg. 55 cm. 1 ft 10 in.
Prof. 52 cm. 1 ft 8 ½ in.
Bergères :
Haut. 103 cm. 3 ft 4 ½ in.
Larg. 105cm. 3 ft 5 ½ in.
Prof. 60 cm. 1 ft 11 ½ in.
Une paire de fauteuils cabriolets en bois sculpté et doré de perles, rais de cœur, cannelures, feuilles d’acanthe et fleurons. Les accotoirs supportés par des montants en balustres cannelées et feuillagés. Ils reposent sur des pieds fuselés, cannelés et rudentés à asperges. La partie supérieure en renflement de feuilles d’eau.
Une paire de fauteuils cabriolets en bois sculpté et doré de perles, feuilles de laurier et feuilles d’acanthe. Les accotoirs supportés par des montants en balustres cannelées et feuillagés. Ils reposent sur des pieds fuselés, cannelés et rudentés à asperges. La partie supérieure en renflement de feuilles d’eau.
Une suite de quatre chaises à dossier à la Reine en bois sculpté et doré de perles, rais de coeur et fleurons. Ils reposent sur des pieds fuselés, cannelés et rudentés.
Une suite de quatre canapés en bois sculpté et doré de feuilles d’acanthe, feuilles de laurier et rais de cœur. Les dossiers plats sont légèrement cintrés et terminés par deux urnes antiques. Les accotoirs se terminent en crosse. Les accotoirs supportés par des montants en balustres spiralés et feuillagés. Ils reposent sur des pieds fuselés, cannelés et rudentés à asperges. La partie supérieure en renflement de feuilles d’eau.
Georges JACOB (1739-1814), fils de cultivateurs, né en Bourgogne, à Cheny, le 6 juillet 1739; ayant perdu très jeune ses parents il vient à Paris à l’âge de seize ans pour s’initier à la sculpture sur bois. Il fit son stage comme compagnon-ébéniste chez le menuisier en sièges Jean-Baptiste Lerouge en 1756, celui-ci mourut l’année suivante, mais Jacob poursuivit son apprentissage de six années avec la veuve Lerouge.. C’est dans cet atelier qu’il rencontra les compagnons Guillaume Boucault, Pierre Forget et surtout Louis Delanois, dont il subit nettement l’influence; il se spécialisa comme lui dans la fabrication des sièges. Il devint maître le 4 septembre 1765. Il s’établit puis épousa en 1767 Jeanne-Germaine Loyér. Ils s’installèrent peu après rue de Cléry puis en 1775 définitivement rue Meslée. Ils eurent cinq enfants, trois fils et deux filles. L’aîné Georges (1768-1803) et le cadet François-Honoré-Georges (1770-1841), devinrent tous deux ébénistes et secondèrent brillamment leur père dans son entreprise…A parti de 1781, Georges Jacob fut nommé à diverses fonctions dans la corporations des menuisiers-ébénistes. Il fut fournisseur de la Cour et des Princes. Le 13 août 1796 il céda son fond à ses deux fils.
Ce mobilier est très semblable au mobilier du Salon des Jeux du roi au château de Saint Cloud exécuté par Georges Jacob suite à l’ordre N°3 du 31 octobre 1787. « … Ordre N)3 du 31 8bre 1787. Jacob fera pour le service du Roy à Saint Cloud la menuiserie préparé pour la sculpture de : 2 canapés, 2 bergères – 18 fauteuils dont 12 meublant et 6 courant – 24 chaises dont 12 à carreaux et 12 pour être garnies, 6 voyeuses, 5 sièges courant, 4 tabourets dont 2 à éperons et 2 id de 15po. sur 12, tous garnis, et 5 po. de haut de sièges – 1 écran, 1 paravent de 6 feuilles à bois doré …
Pour le Salon des Jeux du Roy. » Archives Nationales 013290.
On retrouve les six fauteuils courants dans les mémoires de Georges Jacob : « -Pour le Salon des Jeux du Roy :
-six fauteuils courants de forme nouvelle aussi en bois de noyer, cintrés en plan, les dossiers creux et débillardés, les consoles tournées en forme de balustres, mêmes profils et même corps d’architecture qu’aux dits grands fauteuils.
A 20 —————————————————————— 120
- Pour la sculpture :
Les dossiers sont ornés d’entrelacs à fleurs sur le devant, sur le dessus des cintres sont des perles enfilées et d’autres perles ciselées au pourtour des dits dossiers, les assemblages sont aussi ornés d’entrelacs à fleurs avec des feuilles d’eau au bord de la garniture, les pieds sont en balustres ornés de feuilles de laurier et de graines enfilées, des rosaces en soleil dans les cases, les consoles sont aussi en balustres enrichies de feuilles d’acanthe et de feuilles de laurier avec deux tores de cordes, les accotoirs sont ornés de grandes feuilles d’eau, sur les côtés sont des frises en rinceau avec des rosaces dans les cases.
A 84———————————————————————504. » Archives Nationales OI 3646.
Ces fauteuils pour le Salon des Jeux ne diffèrent des nôtres que dans la frise d’entrelacs à fleurs ; en frise de feuilles de laurier pour les nôtres. Ce témoignage de Georges Jacob nous montre la précision des descriptions pour ses sièges lors de commandes royales.
Ce mobilier pour le Salon des Jeux est conservés dans différentes collections privées ou publiques en France et aux Etats Unis :
- au Musée Condé à Chantilly,
- au Musée du louvre,
- au Metropolitan Museum à New York,
- au Musée de Versailles,
- au Musée de Boston.
La très grande similitude entre le mobilier du Salon des Jeux de Saint Cloud et le nôtre nous laisse à penser que notre mobilier fut commandé à Georges Jacob par une très éminente personnalité de l’époque. On peut penser, par exemple, à Monsieur, frère de Louis XVI qui fit des commandes très importantes à Georges Jacob dans les années 1780 pour ses différents palais.

